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La fessée, pour ou contre ?

Ce sujet, maintes fois évoqué, fait de nouveau débat depuis la décision du 4 mars 2015 du Conseil de l’Europe. Journaux et débats télévisés s’en emparent au gré de l’actualité, car en réalité la question est aisée à aborder.

Nombre de ceux qui, invités pour en débattre (écrivains, médecins, personnalités politiques) et qui ont reçu des fessées durant leur enfance, se sentent capables d’en parler publiquement. Même lorsque c’est pour affirmer qu’au contraire de leurs parents, ils n’en donneront pas à leurs enfants. Le sujet est politiquement correct - la majorité des parents "fesseurs" regrettent leur geste immédiatement.

La fessée mérite certainement débat dès lors que celui ci est clairement circonscrit à ce qu’il doit être : la fessée peut-elle encore faire partie intégrante de l’éducation des enfants ?

Encore faut-il aborder ce sujet avec rigueur. Affirmer comme certains medias ont pu le relayer qu’en France il est interdit de taper un animal domestique ou un adulte mais autorisé de frapper son enfant, c’est faux et irresponsable !

L’article 222-12 du code pénal l’interdit, avec une double circonstance aggravante pour les violences commises par ascendant sur mineur de 15 ans. La peine encourrue pour ce délit est de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. La même infraction commise sur un majeur constitue une contravention punie de 750 € d’amende...

Ce qui pourrait faire débat, c’est que la condamnation de la fessée n’est pas systématique car elle est soumise à l’interprétation des juges du fond. Ceux-ci s’interrogent au cas par cas : s’agit-il d’une violence ? Ou entre-t-elle dans le cadre d’une éducation stricte, ce qui s’apparente au droit coutumier dit "de correction" ? L’intégration d’une loi pénale anti-fessée conduirait, cmme en leur temps les peines planchers avec la récidive, à une condamnation systématique du parent auteur.

Ce débat a bien entendu toute sa place. Mais il doit être abordé avec rigueur pour ne pas entrainer de confusion dans l’esprit du téléspectateur. Le glissement qui s’opère si ce sujet n’est pas abordé avec une vigilance intransigeante est problématique.

Car la fessée, ce n’est pas la maltraitance. Prétendre qu’en élucidant la fessée, on règle la maltraitance des enfants, c’est insupportable.

La fessée ne tue pas.

Ce sont les coups quotidiens, les humiliations psychiques, l’enfermement dans des caves, le défaut de soins, la malnutrition qui tuent deux de nos enfants tous les jours.

Et de cela, qui en parle ?


 
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